La démocratie et nous

Ouverture du blog

Ce blog a pour fonction première de permettre à chacun de soumettre suggestions, questions ou commentaires, et de participer ainsi à l’élaboration de cette septième édition des Rencontres Philosophiques d’Uriage. La demande de participation qui s’est manifestée dès la première édition n’a fait que se renforcer depuis, et ce blog est donc un des moyens imaginés pour y répondre.

Cet espace vous est donc ouvert:

- Souhaits sur les manières d’aborder le thème retenu pour cette année

- Suggestions sur des noms d’intervenants

- Réactions sur les nouveautés éventuellement soumises par l’organisation

- Idées d’ateliers

- Partage de lectures en relation avec le thème

- Questions pratiques ou toutes autres questions en lien avec ces Rencontres.

Il sera bien évidemment non seulement alimenté mais parcouru par les organisateurs qui pourront à l’occasion répondre aux questions soulevées. Les intervenants également pourront y trouver matière à mieux comprendre le public auquel ils vont s'adresser. Et le cas échéant un dialogue peut aussi s'établir au sein du public lui-même (avec respect et bienveillance cela va de soi !).

Le désir de démocratie

Le gouvernement des sociétés par tous les citoyens est, sinon le motif premier, du moins l’idéal posé par les mouvements d’insurrection de par le monde, aujourd’hui comme hier. Or, dès qu’il est institué, ce type de gouvernement ne tarde pas à entraîner soit la désertion civique - comme l’importance de l’abstentionnisme politique le montre en notre pays (autour de la moitié des citoyens inscrits ne votent pas) -, soit la crainte devant l’insécurité propre au pluralisme - comme l’établit non moins objectivement en notre pays la croissance des suffrages préférant le pouvoir fort d’un(e) Chef, fût-ce au prix de la justice ou de l’universalité humaine dont la démocratie se voulait porteuse. 

La « démocratie » ne serait-elle qu’un rêve trompeur dont la mise en œuvre offre un cadre propice à tous les appétits particuliers, en premier lieu celui de l’argent source de toutes les inégalités et violences (à l’intérieur comme à l’extérieur du pays concerné) ? La démocratie, bientôt un terreau pour les pires des tyrannies ?

Depuis Platon (La République, livres VIII et IX), semblable question n’a cessé de hanter la philosophie, et pas seulement la philosophie politique. C’est que la notion de « démocratie » questionne fondamentalement la capacité qu’a l’homme de se gouverner lui-même (explicitation directe d’une telle interrogation dans l’œuvre actuelle d’un Marcel Gauchet) : en deçà de la question de la forme souhaitable du bon gouvernement politique, cette notion conduit à réfléchir sur ce que les hommes peuvent faire pour que la vie devienne vraiment humaine, et, évidemment, sur ce qui peut fonder un tel pouvoir, loin de l’aide des dieux.