Programme des Rencontres 2018

 

VENDREDI 12 OCTOBRE

14h     Conférence/débat au lycée Champollion

Avec Jean-Yves Goffi, échanges sur le thème du transhumanisme et de l'homme augmenté. Conférence à destination des classes de terminale L des lycées Champollion, Stendhal et Eaux-Claires,  présentes avec leurs professeurs de philosophie après avoir effectué un travail en amont sur le sujet. 

19h      Ouverture des Rencontres - Centre culturel Le Belvédère                

20h      Ciné Philo et débat (film en cours de sélection) - Centre culturel Le Belvédère

 

SAMEDI 13 OCTOBRE

Salle de la Richardière

9h           Accueil, café

9h30      Abécédaire :  A partir d'un mot, chacun des sept intervenants, philosophes ou juriste, a huit minutes pour contribuer à baliser le champ du thème retenu cette année.

10h45     Pause

11h00     Abécédaire :  philosophes, littéraire, psychiatre, historien, juriste, ils ont chacun 8 minutes pour planter le décor à partir d'un mot. Avec Aurélien Barrau, Fabienne Brugère, Jean-Pierre Carlet, Jean Caune, Fabien Girard, Enzo Lesourt, Arnaud Sorosina. Animé par Anne Eyssidieux-Vaissermann.

A comme Animal

A comme Anthropocène

B comme Bienveillance

C comme "Convergence NBIC", un anti-humanisme

P comme Paideia

S comme Surhumain

10h45    Pause

11h        "L'humanité du futur: humain, transhumain ou surhumain  ?" : table ronde avec  Jean-Michel Besnier, Bernadette Bensaude Vincent et Jean-Yves Goffi, animée par Thomas Boccon-Gibod

La technologie menace-t-elle l’être humain, ou remet-elle en cause la conception que l’on se fait de la nature humaine ? Paradoxalement, l’imaginaire transhumaniste voudrait nous faire accéder à un au-delà de l’humain, lors même qu’il se revendique de la tradition humaniste. Depuis le mythe de Prométhée jusqu’à Condorcet en passant par Pic de la Mirandole, l’idée de perfectibilité semble suggérer que la nature de l’homme est inassignable, dans la mesure où il est un être en transition, précisément parce qu’il transforme la nature extérieure et sa propre nature au moyen de la technique. Dès lors, il importe de s’interroger sur le statut de l’entreprise trans/ posthumaniste relativement à cet héritage. S’agit-il d’une continuation et d’un approfondissement de l’humanisme, ou bien d’une radicalisation de la rupture entre la culture et la nature, qui priverait l’humain de ce qui fait son humanité ?

Au-delà des passions qui opposent frontalement – et idéologiquement – les « technophiles » aux « technophobes », il s’agit d’examiner avec pondération les différentes formes de transhumanismes pour évaluer leur projet, en particulier l’« augmentation » de la durée de vie et des performances physiques/techniques via les technologies de pointes et la « convergence NBIC », avec les enjeux socio-politiques et moraux qui accompagnent cette entreprise, dans la mesure où elle paraît considérer la finitude comme la marque d’une insuffisance et non comme la caractéristique propre de notre humanité.

En somme, le transhumanisme fraie-t-il la voie à un autre humanisme, plus humain, ou bien, considérant l’humain comme une forme de transition, implique-t-il de surmonter l’humain en assurant sa relève par une autre forme de vie – visage apparemment affable, et pour cela même problématique, d’un inhumanisme utopique ?

13h        Déjeuner

14h        Ateliers - Rendez-vous salle de la Richardière

Visite commentée du château d'Uriage ou promenade champêtre, animée par l’Association du patrimoine

Philosophie pour tous - Comment aborder et pratiquer la philosophie quand on est intéressé, mais un peu intimidé par cette discipline ?

Atelier philosophie pratique: quel avenir pour la nature humaine ?  réflexion autour de Jürgen Habermas, animé par Valéry Pratt

L’existentialisme est-il un humanisme ? atelier philo animé par Catherine Topall

Autour de l’humanisme florentin - atelier philo animé par Baptiste Tochon

Atelier de réflexion sur l’éthique médicale, animé par Alice Jeanmart, Patrice Baro et Christian Letoublon

Les animaux ont-ils des droits ? Atelier de réflexion sur l'éthique animale, animé par Aurélien Barrau (à confirmer)

Atelier autour du spectacle « la guerre des salamandres », animé par Robin Renucci, metteur en scène (à confirmer)

16h30    Grand témoin: Alim-Louis Benabid, présenté par Christian Létoublon

17h15    Remise du Prix du Livre des Rencontres Philosophiques d'Uriage

17h45    Pause

18h        Conférence: « regard philosophique sur l’année écoulée »  par Thierry Ménissier, présentée par Anne Eyssidieux

 

DIMANCHE 14 OCTOBRE

Salle de la Richardière

9h           Accueil, café, dédicaces

9h30     "Les nouveaux visages de l’humanisme": Table ronde avec Thierry Hoquet, Guillaume Le Blanc et Alexis Cukier, animée par Fabienne Brugère

Les questionnements liés à la transformation technique de l’être humain, que ce soit dans son environnement ou dans son propre corps, conduisent à la redéfinition de l’homme par lui-même ainsi que dans son rapport à la nature sous la forme de l’animalité, mais aussi dans et par les rapports des hommes entre eux. La mise en crise de la notion d’humanité conduit ainsi à envisager des modifications sociales, voire de nouveaux types de société. Ainsi, historiquement, l’humanisme fut lié à un essor technologique et scientifique, mais aussi à l’affirmation de la valeur et de la dignité de la personne humaine, conduisant à une ample réflexion sur l’autorité et ses fondements.

On peut ainsi se demander aujourd’hui en quoi la possibilité de transformer l’humanité dans son corps constitue un geste porteur d’une revendication non seulement morale, mais aussi politique. Quels rapports sociaux dessinent donc aujourd’hui ces nouvelles revendications ? Court-on le risque d’une mise en danger d’une catégorie universelle de l’humanité ou au contraire, le refus de la normalisation des corps exprime-t-il à nouveau l’exigence universaliste d’une ouverture de la société humaine ? C’est ainsi la notion d’humanisme entendue sous la forme, plus classique, de l’exigence d’une transmission aux générations futures d’un idéal universel que questionnent les redéfinitions de l’humain.

En outre, cette interrogation paraît rejoindre le questionnement plus classique sur l’aliénation des individus à l’heure de formes sociales et économiques (industrielles et capitalistes) qui les tendent à les priver de la possibilité de saisir le sens à leurs actions. Cet aspect social et politique constitue bien souvent, en effet, l’angle mort des réflexions sur le transhumanisme. Mais si l’heure est décidément au machinisme et à la grande industrie, y a-t-il encore une place pour l’humanisme ? Et quel concept d’humanité, au juste, peut-on opposer aux puissances anonymes de la technologie et du marché mondialisé ?

11h30    Pause

12h        Conférence de Catherine Larrère: "Humanisme et environnement", présentée par  Arnaud Sorosina

13h        Déjeuner

14h30   Conférence de Francis Wolff : "Quel humanisme aujourd’hui ?" 

15h30    Pause

16h       "L’humanisme à l’épreuve de la question animale": Table ronde avec Etienne Bimbenet, Jocelyne Porcher et Jean-Luc Guichet, animée par Marlène Jouan

L’homme a toujours défini son humanité en se comparant à l’animal et fait de la conscience et de la pensée la marque de sa supériorité. Dans cette perspective, l’homme est au centre et l’animal est défini négativement, il apparaît dans l’histoire de la philosophie comme «celui qui n’a pas»: qui n’a pas d’âme, de langage, d’histoire, de société, etc. L’animal n’est pas une personne et il ne lui a longtemps été reconnu aucun droit. Cela autorise-t-il l’homme à considérer l’animal comme un simple moyen et l’utiliser sans considération ni égard pour sa nature sensible ?  Le rapport que nous entretenons aux animaux questionne notre humanité, pas seulement notre capacité à être bienveillants et « humains » dans la manière dont nous traitons les animaux, mais aussi la manière dont nous nous définissons comme humains et la place de l’homme dans la nature.

La "question animale" se pose avec insistance aujourd’hui du fait des découvertes majeures en éthologie, primatologie et le développement d'une " éthique animale" et "environnementale". Cet intérêt se dessine sur fond de crise écologique, d’extinction des espèces et de la mise en évidence de traitements inhumains infligés aux animaux. Alors que les avancées scientifiques font apparaître des formes de cultures animales, des mondes perceptifs communs aux animaux et aux hommes, que l'imagination littéraire avait sondés autrement, leurs communautés vécues reculent, voire disparaissent, produisant une inquiétude nouvelle.

« Nos rapports aux animaux sont un miroir dans lequel nous voyons ce que nous sommes devenus au fil des siècles. Les violences infligées aux animaux reflètent les dysfonctionnements d’une société fondée sur l’exploitation systématique des ressources. Raison pour laquelle un certain nombre de penseurs invitent à politiser la cause animale et penser les moyens d'opérer la transition vers une société plus juste qui prenne en compte les intérêts des humains et ceux des animaux. Quelle éthique et quelles transformations de la démocratie peuvent rendre possible la prise en compte de l'écologie dans notre vie ? « (Corine Pelluchon, Manifeste animaliste, politiser la cause animale, éd.)

Pour autant, peut-on vraiment penser comme le préconise « l’écologie profonde » que l’homme est une espèce nuisible dont il faut limiter la nuisance ? Ou penser comme les anti-spécistes qu’il faut mettre fin au privilège que l’humanité s’est octroyée comme espèce au détriment des autres ? Loin de la conception technique moderne qui a assigné aux hommes depuis Descartes le projet « de se rendre comme maîtres et possesseurs de la nature », il conviendrait pour les théories écocentristes de replacer l’homme dans la nature comme un simple hôte d’un écosystème qui prévaudrait ontologiquement et qu’il faudrait préserver avant tout. Il s’agirait dans ce cas de la fin de l’humanisme au sens classique qui se fonde sur un anthropocentrisme revendiqué et assumé. Comment dans ces conditions peut-on rester humaniste ? La tentation est grande de penser la fin de l’exception humaine et de se déclarer anti-humaniste.

18h        Pot de clôture

 

PROGRAMMES ADOLESCENTS ET JEUNE PUBLIC

(En cours de construction)